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Clément DELORME

Tribune de la Gauche : Première critique politique

5 Septembre 2008 , Rédigé par Clément Delorme Publié dans #Politique nationale

Par Mathias Wisniewski


Chers internautes,

Je profite du blog de mon ami Clément Delorme afin de diffuser une Tribune de la Gauche, certaine vision moderne et d’actualité d’un simple étudiant en aménagement du territoire, construit par des convictions considérées de « gauche ».

Ayant conscience que la grande majorité des visiteurs du blog de Clément Delorme sont des personnes cherchant une certaine part de vérité, une vision particulière de la politique et ici plus spécialement de la droite, j’ai trouvé intéressant de vous proposer une petite entrée en matière pour cette rentrée 2008, par une critique politique générale, vue de l’autre côté du miroir politicien, celui de la gauche.

I - Gauche en France : questions ouvertes

Pour commencer, vous voyant venir, je pourrais commencer par poser une question à la fois simple et complexe : Qu’est-ce que la Gauche ?
Il me semble en effet que cette question, finalement trop peu récurrente mais tellement d’actualité, mérite d’être posée.

→ Existe-t-il une gauche française et une gauche étrangère ? Une identité nationale gauchiste peut-elle être envisagée ?

On peut prendre en exemple le Parti Socialiste français, « encore » plus ou moins engagé sur quelques idées sociales (augmentation du SMIC, arrêt des privatisations d’entreprises d’Etat, …), et il y a encore peu non loin de certaines idées marxistes. A l’inverse, on peut citer le parti « Labour » britannique, image de la gauche outre-manche, et qui s’est appuyé lors des dernières campagnes électorales sur des thèmes sécuritaires et « libéraux » ; parti que l’on pourrait certainement placer sur l’aile centre-droite de l’échiquier politique français (vous noterez que lors de sa dernière visite dans l’hexagone, Tony Blair (Parti Labour) s’est rendu à un congrès de l’UMP).

→ Si la Gauche ne peut ainsi être réellement considérée politiquement, est-ce alors un état d’esprit, une pensée, s’adaptant aux différentes sociétés et se transformant alors en culture nationale ?

Nous pouvons noter qu’il existe en France un mouvement rarissime en Europe Occidentale aujourd’hui, l’Extrême Gauche. En effet, hormis dans certains ex-pays du bloc soviétique et en Amérique du Sud, ce mouvement est quasi inexistant et ne connaît qu’une très faible légitimité dans les autres pays développés du « Nord » et même sur le reste de la planète… sauf en France ! En atteignant fréquemment près de 10% des votes cumulés sur les différents candidats d’Extrême Gauche, ce mouvement a ainsi en France une réelle légitimité électorale et une réelle place dans la vie politique française.

Témoignage d’un passé glorieux (PCF, voire le Front Populaire), d’un certain héritage, mais également, qu’on le veuille ou non, d’une certaine culture de la gauche en France, forte, impulsive, souvent portée par les classes sociales peu aisées, populaires (ouvriers, employés) et les jeunes afin de porter leurs voix et leurs revendications, voire parfois un certain ras-le-bol général sur une société capitaliste accusée de tous les maux (d’où la création d’un nouveau parti « Anticapitaliste » par Olivier Besancenot).
Cette culture de la gauche forte, investie et revendicatrice de valeurs sociales peut ainsi également se ressentir dans les programmes électoraux jugés en « décalage » avec la majorité des autres programmes des partis de gauche en Europe (comme démontré précédemment).

Si une culture particulière de la gauche existe en France, il me semble donc que l’on peut conclure à l’existence d’une adaptabilité de la gauche selon les pays, qu’elle n’est pas figée, que son courant politique n’est pas aussi limpide que par exemple de celui du courant conservateur, diffusé de Washington à Camberra sans distinctions d’idées et différences de politiques prônées ou presque.

C’est à la fois un avantage et un lourd inconvénient, pour la gauche, en général. En effet, malgré une adaptabilité forte, comment se prononcer, d’une seule voix, sur des problèmes globaux, enjeux contemporains et décisifs de notre ère : la mondialisation, l’emploi, l’énergie, l’industrie. Voilà ainsi ce qui me semble être Le problème numéro 1 de la gauche en général : Son incapacité à pouvoir répondre globalement à des questions qui pourtant doivent être traitées pour avancer dans le monde d’aujourd’hui.

→ Ce grand problème aboutit pour moi à deux phénomènes.

•    Tout d’abord, une crise profonde des partis de gauche (dans les pays du « nord »), qui ne trouvent pas de réponses dans leurs racines profondes, et sont ainsi confrontés à des questions auxquelles ils doivent, chacun de leur côté, répondre avec le peu d’outils qu’ils ont, sans passer la « barrière » de la gauche. Je m’explique :

Comment réussir à répondre aux enjeux de la mondialisation, en s’y intégrant, sans pour autant donner l’image d’un discours libéral, donc de droite, tandis que nous savons que la mondialisation est un phénomène libéral en soi ?

Nous pouvons ainsi observer que certains politiques de gauche notamment en France, essaient de traiter cette question, mais avec des pincettes tellement grosses qu’on pourrait les qualifier de pinces à linges : Rappelez-vous de Bertrand Delanoë qui, il y a quelques semaines, s’est prononcé comme un libéral, de gauche bien sûr. Ce qui ne veut strictement rien dire, puisque le libéralisme n’est pas une idéologie mais une politique sociétale. Cette question me semble donc centrale.

•    De plus, cette crise profonde de la gauche aboutit bien souvent à un morcellement des partis, avec l’impossibilité de la part de ces partis de définir une politique donnée avec des principes acceptés par toutes les composantes du parti, ce qui engendre la création d’une multitude de courants au sein même du parti, chaque courant défendant une vision particulière de la politique à mener (on assiste en ce moment à une réelle lutte « des chefs » au sein du Parti Socialiste afin de savoir qui sera premier secrétaire, n’ayant aucun leader qui ait réussi à définir une politique acceptée par tous ; lors des dernières élections présidentielles, le programme de Ségolène Royal était critiqué au sein même du parti).
Cette crise crée une perte de repères de la part des électeurs, qui ne souhaitent pas voter pour un parti qui donne l’image de ne pas être d’accord avec lui-même.

→ Pour conclure sur cette première partie de ma critique politique, je pense pouvoir affirmer que la gauche, c’est avant tout une construction d’idéaux (solidarité, travail, santé, bien-être social,…) s’adaptant aux différentes sociétés et qui, eux, sont plus que jamais d’actualité et plus ou moins reconnus par la majorité des partis de gauche dans le monde, mais que cette gauche actuelle n’arrive pas à construire une politique globale à cause d’enjeux mondiaux qui régissent les différentes sociétés et qui sont construits sur des idéaux libéraux : la gauche en France sait qu’on ne peut aller contre, mais comment construire avec ?


La deuxième partie arrive prochainement. En attendant, n’hésitez pas à poster des commentaires !


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A
Cet article définit bien les problèmes fondamentaux de la gauche aujourd'hui: son manque de recul par rapport à elle-même, ce qui crée un parti qui n'arrive pas à se remettre en question et à évoluer avec son temps (l'expression "éléphants" du PS n'est pas anodine), et cette dissolution permanente d'un parti qui de façon interne crée un microcosme français, c'est à dire qu'il est en désaccord à l'intérieur même. Comment les français pourraient-il se reconnaître dans un parti qui ne se reconnaît plus lui-même? Pour ce qui est de la multiplication des partis, mon idée est faite. Je trouve que cette pseudo-liberté des partis qui se créent crée surtout un bazar où les français ne se retrouvent plus. La droite était considérée comme traditionnaliste et refermée sur elle-même et la gauche active et proche du peuple. Les rôles sont inversés... et moi, je ne me retrouve nulle part (et je ne suis pas le seul). A quand une politique pour les français?
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