"L'Unité" en politique, réel souci ou simple excuse ?
* En 2006, les socialistes ont souhaité limiter le nombre de leurs candidats à l'investiture pour l'élection présidentielle. Ils auraient pu être 5 ou 6, ils n'ont été que 3. "L"Unité" était en jeu.
* Fin 2006, l'UMP a souhaité limiter le nombre de ses candidats à l'investiture. Villepin et Alliot-Marie étaient tentés. Sarkozy y est allé tout seul. "L'Unité" était en jeu.
* Aujourd'hui, en 2008, les Jeunes Populaires avaient 4 listes candidates à leur présidence. Ils n'ont été que 2 candidats en présence (cf. article précédent). "L'Unité" était en jeu.
* Les socialistes voient le nombre de candidats au poste de Premier Secrétaire augmenter de jours en jours. Auront-ils, eux-aussi, l'intention de se limiter ?
En réalité, je crains que les partis politiques sacrifient les "talents" qui sont dans leurs rangs, au profit de leur intérêt strictement électoraliste. Bien sûr, il faut être élu. Il est néanmoins nettement préférable et mieux perçu par les citoyens et les militants que les personnalités politiques se manifestent par leurs talents, leurs idées, leur goût du débat et leurs compétences, plutôt que par leur aptitude à "magouiller" les places et les candidatures.
Or, pourquoi en est-on arrivé là ? Comment se peut-il que la multiplicité de candidatures à un poste ou une fonction, soit considéré comme de la division, s'il ne faut y voir que de la diversité de choix et une richesse d'opinions ? Pour une raison fort simple : les candidats, bien que dans le même camp, préfèrent, et c'est regrettable, échanger des noms d'oiseaux plutôt que des arguments. Limiter le nombre de candidatures, sous le sceau de l'Unité, c'est en réalité capituler devant la faiblesse humaine qui consiste à descendre l'adversaire plutôt qu'à se valoriser.
Appeler à l'Unité avant une élection, c'est aussi éviter de devoir la faire après. C'est plus dur, certes, et les Démocrates, aux Etats-Unis, le montrent. Pourtant, ils y parviennent. A-t-on déjà vu Besancenot, Royal, Bayrou, Sarkozy et Le Pen faire alliance dès le premier tour, pour éviter de diviser les Français ? Evidemment non. L'Unité des Français, le président de le République la restaure après.
Changeons. Et trouvons la force de faire l'Unité après une élection ou une désignation, et non avant.
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
C
A
/image%2F0552119%2F20140317%2Fob_5e31f9_xav3805-encadree.jpg)