Immigration et délinquance : lien ou pas lien ?
Crever l’abcès
Le Président de la République, il y a plusieurs jours, a clairement mis fin à une bien hypocrite tradition du silence sur le lien existant entre l’immigration et la délinquance. Bien-pensance, accusations de racisme ou interdictions des « statistiques ethniques » : tout est fait pour décourager les hommes et les femmes politiques de lier ces deux problématiques.
Là où l’on constate que Nicolas Sarkozy a crevé un abcès, c’est lorsque l’on découvre ce sondage dans lequel les Français - y compris de gauche - expriment leur adhésion massive aux mesures très sécuritaires qu’il propose. C’est comme si les Français se félicitaient que quelqu’un les comprenne enfin, comme si le fossé entre leurs préoccupations et les politiques commençait à se résorber.
Une Majorité accusée
La Majorité est pourtant accusée de faire diversion par rapport à l’affaire Woerth, comme si s’occuper des problèmes des Français constituait une diversion. Les « angélismes » et la « politique de l’autruche » qui tentent de convaincre que la sécurité n’est qu’un argument électoral de la droite, ignorent vite la claque d’avril 2002, les émeutes de 2005 ou les récents événements de Grenoble.
Cette même Majorité est également accusée de légitimer et banaliser le racisme. C’est pourtant bien en mettant en place une politique sécuritaire forte et ambitieuse qu’on éliminera la délinquance et donc le racisme. Avant tout, il faut rappeler l’existence de deux types de racisme, qu’il s’agit de ne pas confondre.
1er racisme : le racisme « patriote »
Le racisme « patriote » ne part d’aucun a priori lié au comportement des membres d’une communauté d’origine étrangère. Il se fonde sur le simple principe que chaque pays a sa nationalité, sa langue, sa culture, voire sa couleur. Comme toutes les opinions, celle-ci doit être respectée et comprise, plutôt que marginalisée.
Il convient de rappeler que la « France des clochers », c’est une tradition fondée sur le rapport à la terre, au catholicisme, à la famille, aux racines. Des parents ou grands-parents ont pu être tués à la guerre ou déportés pour cette France-là, et il n’est pas incompréhensible que des Français (en particulier dans les campagnes), vivants dans les traditions et les conceptions d’une France qui fut celle des rois, voient avec scepticisme changer leur pays comme jamais il n’avait changé auparavant.
Ces populations ne doivent donc pas être pointées du doigt, car elles ne sont que victimes d’incompréhensions, et non coupables. Elles doivent être habituées, tranquillisées et accompagnées dans l’acceptation du changement de la couleur du pays. Telle la greffe d’un membre en chirurgie, pour éviter le rejet d’un côté comme de l’autre, la bonne intégration des populations d’origine étrangère est donc éminemment aussi cruciale pour elles que pour ces « racistes patriotes ».
Comment se manifeste le racisme « patriote » ?
Ce racisme « patriote » se manifeste essentiellement de deux façons : les « skinheads », ou partisans de la « ratonnade », expriment cet aspect du racisme avec la violence. Il semble difficile de faire « entendre raison » à ces membres de groupuscules, dont la haine semble être le seul sentiment qui les habite. Les isoler en prison reste probablement la meilleure des solutions.
Plus pacifiquement, et surtout plus discrètement, il s’agit de la base électorale de l’extrême-droite. Bien que ce type de racisme ne soit pas franchement marqué dans le programme du Front National, c’est la raison de ses excellents scores dans des campagnes, pourtant guère coutumières de faits de violence. En fait, ce racisme n’est pas inquiétant en soi, car le temps et les générations doivent contribuer à le dissiper. Il devient cependant terrible, lorsqu’il est doublé par le second racisme.
2e racisme : le racisme « méfiant »
Le racisme que je qualifie de « méfiant » n’est dû à aucune considération patriotique, mais à l’image ou au comportement que véhicule une partie des populations d’origines étrangères. Menaces, agressions, délits, vols, provocations, incendies, intimidations, trafics, luttes, bandes sont autant de motifs pour le citoyen lambda de devenir un raciste « méfiant ». Il mettra tous les immigrés « dans le même sac », avec le sentiment que ce sont « toujours les mêmes » qui créent des difficultés.
Les forces de l’ordre sont obligées d’arrêter ou de contrôler « toujours les mêmes », y compris ceux qui ne sont coupables de rien. Les chauffeurs de bus, les facteurs, les médecins, les pompiers ne prennent parfois plus le risque de fréquenter certains quartiers et les enseignants, parfois violentés, se plaignent « toujours des mêmes ». La téléréalité elle-même est touchée : Moundir (Koh-Lanta) et Ahmed (Secret Story) n’ont fait parler d’eux que pour leur violence et leur agressivité.
Lutter contre le racisme : un combat perdu d’avance ?
Avec un tel constat, comment ne pas comprendre la haine et l’incompréhension qui gagnent les Français ? J’avance donc, sans risque d’erreur, qu’un drapeau français brûlé, une flambée de violence dans un quartier, le viol d’une jeune fille ou l’hymne national sifflé privilégient bien mieux le racisme en France qu’un discours électoral ou la posture sécuritaire du Président Sarkozy.
Mais lorsque les deux racismes se conjuguent, on peut penser le mal irrémédiable, et condamner un raciste à une amende ne le rendra pas plus tolérant ! Lutter efficacement contre le Front National et le racisme, c’est tenter de démontrer que : « Non, il n’y a pas de lien entre immigration et délinquance ». Comment démontrer cela, me direz-vous, alors que ce lien est aujourd’hui établi ?
Les banlieues : poubelles de la République
Une immigration folle et des régularisations fleuves n’ont conduit qu’à l’entassement de familles entières dans de grandes barres d’immeubles, en périphérie des grandes villes. Ajoutez à cela le regroupement familial et un taux de fécondité culturellement plus élevé que dans notre vieillissante Europe, et vous obtenez des conditions de vie effrayantes. Comment transmettre une langue, une culture, des valeurs, un amour et un respect pour votre pays d’accueil, dans de telles conditions ?
Dans ces cités abandonnées par la République, l’échec de l’intégration des immigrés de première génération a une terrible conséquence sur leurs enfants. Français car nés en France, ils ne sont pas élevés dans l’amour de leur pays, mais dans celui d’un autre, celui de leurs parents et grands-parents, un pays sur le sol duquel ils n’ont jamais posé le pied. Dans des cités plus dégradées et plus insécurisées que jamais, il ne s’agit donc plus d’intégrer les seuls immigrés, il faut aussi intégrer des Français ! L’école est là, mais vite contaminée par le virus de la violence voire la barrière de la langue.
De l’importance de la lutte contre l’insécurité
Depuis quelques années, l’immigration est régulée, n’en déplaise aux Le Pen. Les vagues migratoires ne sont plus légion, mais ne sont pas non plus stoppées. En la matière, la parole de Nicolas Sarkozy est absolument respectée. Mais un feu même contenu, même maîtrisé, n’est pour autant pas éteint. La droite n’est pas la responsable, mais l’héritière de cette situation.
Pour reprendre la fameuse métaphore des torchons et des serviettes, on ne démontrera aux Français qu’ « immigré » n’est pas « délinquant », que si on parvient à débarrasser les cités de ses caïds et de ses voyous. Seules des banlieues tranquillisées ouvriront la voie à la tolérance, à l’emploi, à la solidarité, au progrès, à la réussite et à l’ascension sociale, en bref : à l’intégration.
Immigration et délinquance : lien ou pas lien ?
Aucun responsable politique républicain n’est assez stupide pour avancer que les gènes ou la couleur de peau est la cause de la délinquance. Cette délinquance ne trouve essentiellement sa source que dans l’intégration globalement manquée des immigrés de première génération.
Pourtant, certains deviennent instituteurs, médiateurs, médecins, avocats ou ministres et ont démontré leur volonté de s’intégrer et de gravir les échelons. Rachida Dati, par exemple, a été traitée par l’opinion comme toute autre personnalité politique, bien au-delà de ses racines familiales. Cette preuve que le racisme « patriote » recule démontre que la société française est prête à accueillir des immigrés ou des enfants d’immigrés si, bien sûr, ils respectent et aiment la France et la République.
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