François Bayrou a dynamité le Centre !
En 1998, François Bayrou prend la présidence de l'UDF, en remplacement de François Léotard, et se lance dans la course à la présidentielle 2002, pour laquelle il termine 4e, avec près de 7% des
voix.
Jacques Chirac, Président de la République fraîchement réélu, crée l'UMP.
Le nouveau parti unique de la droite et du centre intègre le RPR, Démocratie Libérale, le CNI, le Parti Radical, et plus de la moitié de l'UDF... Mais pas François Bayrou !
Jacques Chirac nomme alors Jean-Pierre Raffarin (ancien UDF) Premier Ministre.
La Nouvelle UDF, privée d’un grand nombre de ses membres, compte seulement 29 députés. Néanmoins, Bayrou accentue de plus en plus sa stratégie d'indépendance. Il s’oppose au budget 2006, sanctionne Gilles de Robien lorsque celui-ci se maintient au gouvernement en 2005 (passant des Transports à l'Éducation Nationale), et abandonne la couleur bleue du logo de l'ancienne UDF, adoptant l'orange, pour rappeler la révolution de 2004 en Ukraine.
En 2007, année de l'élection présidentielle, François Bayrou défend une attitude nouvelle : "ni droite, ni gauche". Il s'oppose autant sinon plus à Nicolas Sarkozy qu'à Ségolène Royal, et recueille, en troisième homme, 18,5% des voix.
Il défend l'idée qu'une troisième voie soit possible entre les blocs UMP et PS, et crée le Mouvement Démocrate (MoDem), mais, non qualifié pour le second tour, la quasi-totalité déjà de ses soutiens s'associent à Nicolas Sarkozy, dans la ligne classique de l'UDF, François Léotard, Raymond Barre et Valéry Giscard d'Estaing notamment.
Bayrou, lui, préfère déclarer qu’il « ne votera pas Sarkozy au deuxième tour », sonnant ainsi son divorce d'avec le centrisme historique, encore et toujours lié à la droite.
Nicolas Sarkozy est élu Président de la République.
Hervé Morin, ancien n°2 de Bayrou, crée le Nouveau Centre, pour les anciens UDF qui n’adoptent pas l’indépendance de Bayrou. Il en prend la présidence, avant de devenir Ministre de la Défense. Valérie Létard et André Santini deviennent secrétaires d'Etat.
Quelques écologistes rejoignent le MoDem (Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias), mais François Bayrou, déjà lâché par la quasi-totalité de ses soutiens, continue sa descente aux enfers. Il perd les deux tiers de ses électeurs (7% des voix aux législatives), 90% de ses élus (3 députés seulement, contre encore une centaine six ans auparavant) et certains de ses rares soutiens l’abandonnent (Jean-Marie Cavada mène une liste UMP aux municipales 2008, Anne-Marie Comparini abandonne la politique).
Aux municipales 2008, le MoDem confirme qu’elle a complètement perdu l'héritage de l'UDF. Dans un imbroglio sans précédent, il s'allie à la droite, s'allie à la gauche, s'allie à personne... Ces stratégies à géométries variables, pour un scrutin aux enjeux locaux déconnectés de la politique politicienne, ont plus qu’embrouillé les électeurs : plus que 3% des voix !
Le Centre, hier uni, est aujourd'hui éclaté en multiples satellites difformes :
- le Parti Radical Valoisien, intégré à l'UMP (ex : Borloo,...),
- les anciens UDF intégrés à l'UMP en 2002 (ex : Raffarin, Douste-Blazy,...),
- le Nouveau Centre, associé à l'UMP,
Sans compter la "Gauche Moderne" (J.M. Bockel,...), aux côtés de nombreux élus de Gauche, qui ont court-circuité le Centre de Bayrou, rejoignant directement Sarkozy.
Ne nous trompons pas : Tous ces gens ont moins de différences dans leurs idées entre eux que ce n'est le cas au PS ou à l'UMP. Mais leurs divisions ne sont le fait que de stratégies et contre-stratégies.
L'idée d'une troisième voie, il est vrai, était aguichante... 18,5% des Français l'ont également pensé. Mais quel dommage qu'elle fût menée par un homme qui, rêvant de l'Elysée, a réussi à faire imploser un parti vieux de 30 ans, à s'isoler, à se priver de soutiens, à perturber tout le monde, et finalement, à faire beaucoup de bruit… pour rien !
Jacques Chirac, Président de la République fraîchement réélu, crée l'UMP.
Le nouveau parti unique de la droite et du centre intègre le RPR, Démocratie Libérale, le CNI, le Parti Radical, et plus de la moitié de l'UDF... Mais pas François Bayrou !
Jacques Chirac nomme alors Jean-Pierre Raffarin (ancien UDF) Premier Ministre.
La Nouvelle UDF, privée d’un grand nombre de ses membres, compte seulement 29 députés. Néanmoins, Bayrou accentue de plus en plus sa stratégie d'indépendance. Il s’oppose au budget 2006, sanctionne Gilles de Robien lorsque celui-ci se maintient au gouvernement en 2005 (passant des Transports à l'Éducation Nationale), et abandonne la couleur bleue du logo de l'ancienne UDF, adoptant l'orange, pour rappeler la révolution de 2004 en Ukraine.
En 2007, année de l'élection présidentielle, François Bayrou défend une attitude nouvelle : "ni droite, ni gauche". Il s'oppose autant sinon plus à Nicolas Sarkozy qu'à Ségolène Royal, et recueille, en troisième homme, 18,5% des voix.
Il défend l'idée qu'une troisième voie soit possible entre les blocs UMP et PS, et crée le Mouvement Démocrate (MoDem), mais, non qualifié pour le second tour, la quasi-totalité déjà de ses soutiens s'associent à Nicolas Sarkozy, dans la ligne classique de l'UDF, François Léotard, Raymond Barre et Valéry Giscard d'Estaing notamment.
Bayrou, lui, préfère déclarer qu’il « ne votera pas Sarkozy au deuxième tour », sonnant ainsi son divorce d'avec le centrisme historique, encore et toujours lié à la droite.
Nicolas Sarkozy est élu Président de la République.
Hervé Morin, ancien n°2 de Bayrou, crée le Nouveau Centre, pour les anciens UDF qui n’adoptent pas l’indépendance de Bayrou. Il en prend la présidence, avant de devenir Ministre de la Défense. Valérie Létard et André Santini deviennent secrétaires d'Etat.
Quelques écologistes rejoignent le MoDem (Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias), mais François Bayrou, déjà lâché par la quasi-totalité de ses soutiens, continue sa descente aux enfers. Il perd les deux tiers de ses électeurs (7% des voix aux législatives), 90% de ses élus (3 députés seulement, contre encore une centaine six ans auparavant) et certains de ses rares soutiens l’abandonnent (Jean-Marie Cavada mène une liste UMP aux municipales 2008, Anne-Marie Comparini abandonne la politique).
Aux municipales 2008, le MoDem confirme qu’elle a complètement perdu l'héritage de l'UDF. Dans un imbroglio sans précédent, il s'allie à la droite, s'allie à la gauche, s'allie à personne... Ces stratégies à géométries variables, pour un scrutin aux enjeux locaux déconnectés de la politique politicienne, ont plus qu’embrouillé les électeurs : plus que 3% des voix !
Le Centre, hier uni, est aujourd'hui éclaté en multiples satellites difformes :
- le Parti Radical Valoisien, intégré à l'UMP (ex : Borloo,...),
- les anciens UDF intégrés à l'UMP en 2002 (ex : Raffarin, Douste-Blazy,...),
- le Nouveau Centre, associé à l'UMP,
Sans compter la "Gauche Moderne" (J.M. Bockel,...), aux côtés de nombreux élus de Gauche, qui ont court-circuité le Centre de Bayrou, rejoignant directement Sarkozy.
Ne nous trompons pas : Tous ces gens ont moins de différences dans leurs idées entre eux que ce n'est le cas au PS ou à l'UMP. Mais leurs divisions ne sont le fait que de stratégies et contre-stratégies.
L'idée d'une troisième voie, il est vrai, était aguichante... 18,5% des Français l'ont également pensé. Mais quel dommage qu'elle fût menée par un homme qui, rêvant de l'Elysée, a réussi à faire imploser un parti vieux de 30 ans, à s'isoler, à se priver de soutiens, à perturber tout le monde, et finalement, à faire beaucoup de bruit… pour rien !
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